La Cave Toura, propriété familiale

Véred et Erez Ben Sa’adon ont fondé la Cave  Toura  en tant que propriété familiale. Pour mériter cette apellation, l’exploitation doit être le propriétaire des vignobles et le vin doit être produit uniquement sur le domaine, y compris la  fermentation, le vieillissement et la mise en bouteille. Les parcelles ne doivent pas être obligatoirement adjacentes à la cave, mais doivent être situées dans la même zone géographique.

Véred et Erez Ben Sa’adon, très liés à Israël et à la terre, sont des visionnaires épris de détails. Six mois après leur mariage, ils ont investi toutes leurs économies dans l’achat d’une parcelle de 2 ha dans la communauté de Brakha. Au début, ils vendaient leur raisin à d’autres entreprises vinicoles, mais en raison de considérations politiques, cette clientèle dut faire face à des problèmes sur le marché européen.

Le couple décida d’étudier l’œnologie afin de produire eux-mêmes le vin. Cette décision s’avéra judicieuse. La Cave Toura connut un succès retentissant. Lors d’une épreuve de dégustation à l’aveugle, sans considérations politiques, les vins de Toura réussirent à décrocher prix et distinctions et le domaine est devenu un lieu de pèlerinage pour les amateurs de vin d’Israël et du monde.

Erez Ben Sa’adon

Né à Jérusalem, Erez est issu de parents originaires du Maroc et d’Iran. Jeune homme, il vécut dans la communauté de Cokhav Hachahar. Il a fait son service militaire dans les parachutistes, et après sa démobilisation, il savait qu’il allait se consacrer à l’agriculture et à la terre, ses premières amours. Erez est un entrepreneur, un rêveur et un visionnaire qui voit tant l’ensemble que les détails. Il croit dans le suivi rapproché de toutes les étapes de production, depuis la culture jusqu’à la commercialisation finale. Pas étonnant qu’il ait fondé avec sa femme, un établissement vinicole familial.

Avec chaque pierre qu’il touche dans son vignoble, il a le sentiment que de ses propres mains il réalise la vision de Jérémie « Tu planteras encore des vignes sur les montagnes de Samarie  » (Jérémie 31,5).

Véred Ben Sa’adon

Les antécédents familiaux de Véred sont particulièrement impressionnants: sa grand-mère juive, Liesje de Vries, avait 15 ans lorsque la Seconde Guerre mondiale éclata aux Pays-Bas. Pendant les années de guerre, la famille déménagea d’une cachette à l’autre. Au début, Liesje fut séparée de sa famille et a vécut un certain temps dans une île du  nord de la Hollande. Elle tenait aussi un journal intime – comme autre jeune fille juive néerlandaise, Anne Frank. Après la guerre, la grand-mère de Vries épousa un survivant de l’Holocauste, et donna naissance à deux fils. «Quand mon père avait 8 ans, son père décéda. Ma grand-mère se remaria, donna naissance à un autre enfant, et son deuxième mari disparut aussi. Ensuite elle épousa en troisièmes noces un veuf hollandais non-juif nommé Roel Meyer qui avait une fille de premières noces, « et cette fille est ma mère », nous confie Véred. Seize ans plus tard, le couple se sépare, mais pas avant que le fils de de Vries ne s’éprenne de sa demi-sœur non Juive Els.

Els a été la première à réellement s’intéresser au patrimoine culturel et religieux de son mari juif, Joël. Ils ont pris des cours à une école religieuse locale, mais les questions d’Els (Rebecca aujourd’hui), restèrent sans réponse. La branche juive de la famille, dont une partie avait déjà vécu en Israël, a soutenu cet effort et enfin, le  couple et leurs deux fillettes se retrouvèrent sur le chemin de la Terre Sainte. Après une longue période d’étude, le Rabbin Goren les convertit au judaïsme.

Véred grandit à Jérusalem et surprit par sa précocité. A quinze ans, elle rencontra Erez qui devint plus tard son mari. Ils se fiancèrent en première du lycée et s’épousèrent en terminale. Véred était enceinte en passant son bac de mathématiques et a obtenu son diplôme de bachelière en éducation avec trois enfants. De nos jours, ils sont les fiers parents de cinq enfants.

En tant que fondatrice et associée de la Cave Toura, Véred est devenue « la présentatrice de la Samarie ». Les visiteurs viennent déguster et écouter avec émotion son histoire personnelle et celle de l’établissement vinicole, ce qui parvient parfois à effacer des préjugés.

Histoire

En 1997, le jeune couple Ben Sa’adon cherchait où s’installer et décidèrent d’acheter un terrain dans la communauté de Brakha. Ils investirent les fonds reçus en cadeaux de mariage dans l’achat de 5 hectares. L’un des pères contribua à l’achat du premier tracteur, une grand-mère et une tante à l’achat des pieds de vigne, et des bénévoles et amis au labeur de plantation, du lever au coucher du soleil.

Après avoir attendu quatre années pour des raisons de cacherout, ils ont d’abord vendu leur raisin à l’un des principaux établissements vinicoles israéliens. Ce n’est qu’au cours de l’été 2003, qu’ils ouvrirent la Cave Toura avec 4 barils, dans un bâtiment qui avait desservi les premiers arrivants de la communauté. Toute la famille Ben Sa’adon était à l’œuvre, y compris les enfants. Les raisins étaient réceptionnés avec beaucoup d’enthousiasme, le travail était manuel mais fait dans la joie et avec amour.

Avec l’enthousiasme des débutants, ils envoyèrent leurs premières bouteilles au concours « La Grappe d’or», et quelle ne fut pas leur surprise qu’ils remportèrent une première médaille pour la Cave Toura. D’autres distinctions et médailles rejoignirent cette première les années suivantes.